Invertébrés

Protocole d’échantillonnage des invertébrés en lacs et calcul d’un indice

photo_lacLes milieux lacustres abritent une importante faune macroinvertébrée. Certains taxons accomplissent la totalité de leur cycle de vie dans le milieu aquatique alors que d’autres n’y séjournent que durant une phase larvaire comme par exemple chez les Diptères. Ces macroinvertébrés lacustres peuvent également se distinguer par leurs exigences écologiques vis-à-vis du mesohabitat. Ainsi, certains seront présents dans les sédiments sur le fond de la cuvette, d’autres vivront en bordure de lac sur divers supports minéraux et végétaux (cailloux, blocs, racines, macrophytes).

Les invertébrés sont considérés par la Directive Cadre européenne sur l’Eau (DCE) (European Commission, 2000) comme de bons indicateurs de la qualité écologique des hydrosystèmes et donc à même de rendre compte de l’impact d’une pression. La structure et le fonctionnement des communautés des macroinvertébrés benthiques rencontrés en zone sublittorale et profonde répondront plutôt à des pressions d’ordre organique et chimiques qui reflèteront les propriétés physico-chimiques du sédiment et de l’eau à son interface. La composition des macroinvertébrés rencontrés en zone eulittorale du lac sera plutôt la résultante d’une qualité et d’une diversité des habitats aquatiques de bordure et répondra donc plutôt à des perturbations d’ordre hydromorphologiques locales.

Schématiquement, deux options peuvent donc être prises en terme de bioindication avec les macroinvertébrés : évaluer le degré de perturbation des habitats littoraux ou évaluer l’impact d’une perturbation plus générale du fonctionnement trophique avec une dominante physico-chimique (notamment l’enrichissement en phosphore induisant une dystrophie des systèmes). Sur les plans d’eau français, toutes les méthodes développées à ce jour sont plutôt basées sur cette dernière évaluation. Cependant, les méthodes qui utilisent les oligochètes (Indice Oligochète de Bioindication Lacustre  (IOBL) (AFNOR, 2005) et les mollusques (Indice Malacologique Lacustre (IMOL) (Mouthon, 1993) ne répondent que partiellement à la DCE puisqu’elles n’informent pas complètement sur la composition et l’abondance à l’échelle de la communauté (seule une fraction est étudiée). L’Indice Biotique Lacustre (IBL) développé par l’Université de Besançon (Verneaux et al., 2004b) est plus conforme aux attentes de la DCE mais l’importance de l’effort d’échantillonnage permettant son calcul est un énorme facteur limitant son utilisation en réseaux.

Sur la base de ces connaissances et des données acquises sur les lacs du secteur alpin, une première analyse a été effectuée pour alléger le protocole proposé par l’équipe de Valérie Verneaux. Elle a conduit à une version d’un protocole d’échantillonnage des milieux naturels profonds. Ce protocole et un document d’aide à la bancarisation sont disponibles en téléchargement sur le site.

Cette étape méthodologique franchie, un indicateur intégrant la composition, l’abondance et la sensibilité des espèces a été développé pour l’évaluation de l’état écologique des lacs naturels alpins. Cet indice a été proposé à l’intercalibration (Gevrey et al., 2011).

Hors du secteur alpin, les données acquises en application des protocoles de prélèvement des oligochètes ont été analysées pour tenter de développer un indicateur « DCE compatible ». Toutes les analyses réalisées à ce jour n’ont pas permis de mettre en évidence des corrélations de type pressions/impacts satisfaisantes, quelles que soient les métriques testées et les indicateurs de pressions utilisés (Gevrey et al., 2012).

Les publications scientifiques de référence pour certaines méthodes préconisées dans la surveillance DCE (en particulier Mouthon, 1993 et Verneaux et al., 2004) sont disponibles à la page « téléchargement », et directement sur le site des éditeurs des revues scientifiques qui les ont publié, Knowledge and Management of Aquatic ecosystems et de International Journal of Limnology.

 

Fichiers en téléchargement : cliquer ici

 

Contacts :

Christine Argillier (Irstea Aix-en-Provence)

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Références bibliographiques

AFNOR, 2005. Détermination de l’indice oligochètes de bioindication lacustre (IOBL). Norme française NF T 90-391.

European Commission, 2000. Directive 2000/60/EC of the European Parliament and of the Council. Official Journal L327.

Gevrey, M., C. Provost & C. Argillier, 2011. French macroinvertebrate index for lakes. Irstea, Aix-en-Provence: 14p.

Gevrey, M., C. Provost & A. Argillier, 2012. Développement et optimisation des méthodes de bioindication pour les plans d’eau – Indices invertébrés. Irstea, Aix-en-Provence: 46p.

Mouthon, J., 1993. Un indice biologique lacustre basé sur l’examen des peuplements de mollusques. Bulletin Français de Pêche et de Pisciculture 331: 397-406.

Verneaux, V., J. Verneaux, A. Schmitt, C. Lovy & J. C. Lambert, 2004b. The Lake Biotic Index (LBI): an applied method for assessing the biological quality of lakes using macrobenthos; the Lake Chalain (French Jura) as an example. Annales de Limnologie 40: 1-9.