Invertébrés

 mise à jour : avril 2016

La méthode nationale pour la mesure de l’élément « macroinvertébrés en cours d’eau » a été révisée et développée vers une compatibilité aux prescriptions de la Directive Cadre Européenne. Un premier protocole d’échantillonnage a été proposé pour l’acquisition de données dans le cadre du réseau « références », mis en œuvre de 2005 à 2007.
Ce protocole a fait l’objet d’une simplification pour son application dans le réseau de contrôle et de surveillance (RCS), mis en place en 2008.

Ces protocoles techniques ont fait l’objet d’une normalisation à l’échelle nationale, en profitant du retour d’expérience de l’application de cette méthode pour les mesures réalisées sur le RCS en 2008. Une première norme concernant l’échantillonnage des macroinvertébrés en rivières a été publiée par l’AFNOR en septembre 2009 (XP T90-333). Une deuxième norme concernant le traitement et la détermination des échantillons d’invertébrés benthiques est également maintenant disponible (XP T90-388 de juin 2010). Ces normes sont en cours de révision (début 2016), et vont prochainement être homologuées, c’est à dire passer sous statut NF.

Les guides d’application de ces normes sont prévus, portant l’un sur les opérations d’échantillonnage, l’autre sur le traitement des échantillons en laboratoire. Le guide d’application de la norme XP T90-333 (GA T90-733) est disponible à l’AFNOR depuis mars 2012, celui de la norme XP T90-388 est en cours de rédaction.

L’IBGN reste un protocole normalisé, utilisable pour d’autres applications.

Un protocole expérimental concernant l’échantillonnage des invertébrés en grands cours d’eau a également été proposé par l’Irstea et l’Université de Lorraine (Metz) en septembre 2008. Il est en cours de test et de révision, applicable dans les mesures DCE à partir de la campagne 2009. Il devrait prochainement (courant 2017) faire l’objet de travaux de normalisation.

Les données faunistiques et mésologiques obtenues avec les nouveaux protocoles de terrain et de laboratoire ont été utilisées dans la construction du nouvel indice multimétrique, l’I2M2*. Les résultats obtenus sur les données de surveillance avec la première version de cet indice ont permis de l’affiner et de proposer une 2ème version en 2015.

Ce nouvel indice, développé par l’Université de Metz* en collaboration avec Irstea,  prend en compte l’écart à la situation deinvertebre ce

référence et intègre plusieurs types de pressions grâce à la combinaison et la pondération de métriques de structure et de fonctionnement. Ces métriques apportant chacune des informations complémentaires sur la communauté en place. En effet, l’I2M2 répond à 17 catégories de pression (Tableau 1) et est composé de cinq métriques : l’ASPT, la diversité de Shannon, la Richesse taxonomique, la fréquence relative d’organismes polyvoltins et la fréquence relative d’organismes ovovivipares. Ces métriques ont été sélectionnées en appliquant plusieurs critères statistiques : leur capacité à discriminer les sites « impactés » des sites « peu ou pas impactés », leur non redondance et leur stabilité en conditions de référence. La combinaison retenue est celle qui s’est révélée la plus sensible, la plus robuste et la plus cohérente avec les critères DCE.

 

Tableau 1. Catégories de pression physico-chimique et hydromorphologique considérées dans le développement de l’I2M2 (Mondy et al. 2012).

Physico-chimie

Hydromorphologie

Matières organiques et oxydables (MOOX) Voies de communication
Matières azotées (hors nitrates) Couverture de la ripisylve
Nitrates Urbanisation
Matières phosphorées Risque de colmatage
Matières en suspension (MES) Instabilité hydrologique
Acidification Degré d’anthropisation
Micro-polluants minéraux (e.g. métaux) Intensité de la rectification
Pesticides
Hydrocarbures aromatiques polycycliques (HAP)
Autres micro-polluants organiques

 

 

Calculer l’I2M2 ?

L’I2M2 étant un indicateur multimétrique, son calcul à partir des données des listes faunistiques est nécessairement complexe, et fait appel à de multiples tables. Il n’est pas possible d’obtenir un résultat « à la main », comme cela était le cas pour un indicateur simple comme l’IBGN.

Des outils ont été développés pour réaliser ces calculs sur les bases de données qui ont servi au développement de l’indicateur, ou à partir de celles des Agences de l’eau, alimentées par les données de surveillance DCE. Ces outils informatiques ne sont pour le moment disponible que sous la forme de script bruts.

Le script de calcul de référence, écrit en langage R, est diffusé sur le site EauFrance (pour le télécharger, cliquez ici). Il peut être implémenté dans les bases de données locales.

 

 


 

* Mondy, C.-P., Villeneuve, B., Archaimbault, V., Usseglio-Polatera, P., 2012. A new macroinvertebrate-based multimetric index (I2M2) to evaluate ecological quality of French wadeable streams fulfilling the WFD demands: A taxonomical and trait approach. Ecological indicators, Vol 18, p 452-467

 

Fichiers en téléchargement : cliquer ici

Consultez ici la foire aux questions (attention : cette FAQ concerne les premières versions du protocole. Non mise à jour depuis 2010)

 

Contact :
Philippe Usseglio-Polatera (Université de Lorraine, Metz)